Non à la Delphinothérapie !

18Mai07

Non à la Delphinothérapie !

Sous l’impulsion de Véronique Servais, collaborateur scientifique au FNRS et maître de conférences à l’Université de Liège, diverses recherches ont été menées dès 1991 pour juger de la valeur scientifique réelle de la dolphinotherapy. (Projet Auti-dauphin). Notons d’emblée, la base conceptuelle choisie pour ces recherches fut la pensée de Grégory Bateson.

On sait que Bateson ne disposait malheureusement pas de toute la documentation nécessaire à propos de la communication chez les dauphins pour émettre un jugement valable sur ce thème à l’époque mais cela n’empêche pas nombre de scientifiques de se référer encore à ses travaux déjà anciens.
Cela dit, Véronique Servais a également réalisé d’autres recherches d’un très haut intérêt, telles celles menées sur les interactions entre les visiteurs des zoos et leurs prisonniers. Durant les étés 1995, 1996 et 1997, Véronique Servais mène à bien le Projet Jonathan, durant lequel cet enfant atteint d’autisme rencontre quotidiennement quatre dauphins captifs dans un « lagon de semi-liberté » (?) à Cadaqués, en Espagne.
Toutes ces rencontres ont été filmées en vidéo grâce à la collaboration de Jean-Luc Renck, biologiste et le travail d’analyse de ces enregistrements vidéo est toujours en cours. Il semble néanmoins que les résultats soient d’ores et déjà très encourageants et que l’état du petit Jonathan s’est amélioré.
Jonathan va donc bien et il y a tout lieu de s’en réjouir.
Mais les dauphins ? Comment vont-ils ?

Ils étaient quatre à soigner le petit Jonathan : deux mâles et deux femelles, qui furent d’abord sauvagement capturés dans les eaux cubaines en 1991, puis confinés dans un trou d’eau « semi-naturel » près du village de Cadaquès sur la Costa Brava.
On sait qu’au large de ces côtes ensoleillées, passent fort souvent des tribus de dauphins libres mais ceux-ci, trop fugaces, ne convenaient pas sans doute pas aux activités de délphinothérapie prévues. L’affaire tourna trois ou quatre ans puis fit long feu. Les conditions de vie se révélèrent en effet si désastreuses pour les dauphins captifs dans ce lagon de Cadaquès qu’il fallut fermer la structure.
Les quatre dauphins furent expédiés vers le Costa Rica, entre 1997 et 1998. Ils y moururent l’un après l’autre, au fur et à mesure de leur arrivée sur place…
Rappelons que ces « thérapeutes malgré eux » n’étaient âgés en moyenne que d’une quinzaine d’années. Ils n’étaient même pas encore adultes…
Ce qui nous paraît choquant, ici, c’est qu’en nul endroit des rapports précédemment cités, en nulle page des sites qui se consacrent à rapporter ces expériences, il n’est fait mention de la situation des dauphins eux-mêmes.
D’autres expériences de ce type ont été conduites à Anvers ou à Bruges, d’autres spécialistes et psychologues se sont penchés sur le bien-être des enfants et sur leurs progrès face aux dauphins libres mais il est rare que ces personnes se soucient une seule seconde de ce qui advient au dauphin captif ou en fassent état dans leurs rapports. Rares sont ceux qui perçoivent le désespoir profond et pourtant évident de ces dauphins privés de liberté et contraints de soigner des enfants presque aussi désemparés qu’eux ! Comment expliquer cela ?

Il faut se souvenir que les psychologues, les psychothérapeutes et autres pédopsychiatres sont essentiellement formés dans un esprit d’humanisme anthropocentriste, qui distingue très nettement la sphère ontologique de l’Animal de celle de l’humain. Il est infiniment difficile, par exemple, pour des penseurs nourris de Pensée Freudienne, d’admettre une seule seconde que l’animal puisse être une personne, doté d’un nom et d’un inconscient !
Certes, on ne saurait nier qu’une chercheuse telle comme Véronique Servais s’est engagée loin de la voie obsolète de l’anthropocentrisme, puisqu’elle a largement privilégié l’aspect éthologique de la rencontre homme-animal dans ses observations et dénoncé à juste titre les mythologies associées.
Mais on aimerait tout de même que les scientifiques ou les départements universitaires impliqués dans ce type de recherches réagissent davantage devant les conditions scandaleuses que subissent quotidiennement certains de leurs sujets d’expériences ou d’observations. Trop de vétérinaires, trop de chercheurs se rendent encore, par leur silence, complices des actes de maltraitance infligés de manière continue par les delphinariums à leurs cétacés.
Trop d’entre eux feignent d’ignorer que les captures pour les bassins – en pleine expansion du fait même de ces fariboles thérapeutiques – épuisent les populations de dauphins libres à Cuba, au japon et dans dans la Mer Noire.

Trop d’entre d’eux se taisent devant les tentatives désastreuses de reproduction entre dauphins ou orques captives (dont les espèces, rappelons-le, ne sont nullement en voie de disparition ! ) et ne dénoncent pas haut et fort cette farce sinistre et inutile.
Si on ne peut refuser aux dauphins libres le droit de rencontrer des enfants autistes en mer si cela leur chante – et cela leur chante parfois ! – il est temps que prenne fin une fois pour toutes les « thérapies » de ce type, scientifiquement justifiée ou non, car ces activités – et les recherches qui les concernent – cautionnent l’existence même des delphinariums et permettent à ces établissements poursuivre leur commerce cruel.

PS : Je tenais tout de même à préciser que j’ai eu plusieurs contacts avec les chercheurs de l’ULG, JL Renck et Véronique Servais, depuis lors et qu’ils m’ont décrit quelques aspects peu connus de cette affaire. J’aimerais donc apporter un petit bémol à la charge assez agressive que je leur impose dans ce courrier.

En fait, ils semblent qu’ils aient fait le maximum pour tirer ces malheureux dauphins de là, et que leur intention initiale était de les voir nager en pleine mer. Des activistes assez coincés s’y seraient opposés et les quatre dauphins ont fini par mourir dans des circonstances particulièrement atroces (deux abandonnés sur place, sans soins, sans nourriture, deux autres après le transfert en Amérique central).

Je publierai d’ici peu une mise au point à ce propos mais je vous serais très reconnaissant d’ajouter ces précisions afin de ne pas nuire inutilement à la réputation de deux chercheurs par ailleurs très sympatihiques et dont le seul crime a surtout été de ne pas être suffisamment informés à propos des ravages scandaleux de la captivité pour les grands cétacés, tels que les orques, les bélougas ou les dauphins Tursiops. Yvon Godefroid Website « Dauphins Libres et Dauphins Captifs »

© http://www.dauphinlibre.be
© http://www.nouvellescles.com/Courrier/Dauphin2.htm

Powered by ScribeFire.

Publicités


No Responses Yet to “Non à la Delphinothérapie !”

  1. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :